Carmen Bewell-Weiss -York University
Bourse de doctorat, 2006
English
Résumé du projet
La présente étude visait à déterminer un modèle capable de prédire la pratique excessive d’exercices chez les personnes souffrant d’anorexie mentale. Il s’agit d’une question très importante, puisqu’il a été établi que la pratique excessive d’exercices chez les personnes qui ont un poids insuffisant, comme ce peut être le cas dans certaines formes de participation sportive, a des répercussions dangereuses sur la santé, de même qu’elle a été associée à un pronostic négatif et à une détresse psychologique accrue. Il a cependant été démontré que, dans d’autres populations, l’exercice a des effets positifs (tant physiques que psychologiques) sur la santé. Par conséquent, la présente étude a examiné les associations, positives et négatives, entre l’exercice et diverses variables psychologiques et comportementales.
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Objet:
La présente étude visait à reproduire et à fusionner les constatations de recherches antérieures en vue de mettre en place un modèle global permettant de déceler les cas d’exercice excessif chez les personnes atteintes d’anorexie mentale (AM).
Méthodologie:
Les participants étaient 109 patients admis à un programme de traitement intensif de l’AM. Aux fins de l’étude, les patients réputés pratiquer un exercice excessif étaient ceux qui s’astreignaient à des séances obligatoires d’exercice à raison d’au moins une heure par jour, six jours par semaine, dans le mois précédent leur admission. L’indice de masse corporelle (IMC), la privation de nourriture, l’anxiété, la dépression, le sous-type d’AM, l’estime de soi, les symptômes du trouble obsessionnel compulsif et l’âge ont été évalués au début du programme.
Résultats:
En tout, 39 % des participants satisfaisaient aux critères de l’exercice excessif. On a appliqué un modèle de régression logistique dans le cadre duquel l’exercice excessif est la variable dépendante tandis que les autres variables sont considérées comme des variables indépendantes de même niveau. Le modèle général s’est révélé significatif (p = 0,001) et a permis d’expliquer 28 % de la variance dans le niveau d’exercice. L’IMC à l’admission (p = 0,04), la privation de nourriture (p = 0,004), la dépression (p = 0,02), le sous type (p = 0,02), et l’estime de soi (p = 0,02) sont ressortis comme les principales variables indépendantes du niveau d’exercice pratiqué.
Conclusions:
L’exercice excessif est associé à un IMC plus faible à l’admission, à une privation de nourriture plus importante, à des symptômes dépressifs plus marqués, à une meilleure estime de soi et au sous type de l’AM restrictive. Nous analyserons ces résultats en décrivant leurs répercussions sur d’éventuels traitements.
Objectif
Quoique l’excès d’exercice soit fréquent chez les personnes souffrant d’anorexie mentale, on
connaît relativement peu de choses sur le rôle que l’exercice joue dans l’évolution de la
maladie. Le but de la présente étude est double. Dans un premier temps, il s’agit de déterminer
si les personnes souffrant d’anorexie mentale qui se livraient à des exercices excessifs avant de
subir un traitement interne intensif sont moins susceptibles de terminer leur traitement avec
succès que les personnes qui ne se livraient pas à des exercices excessifs avant de subir un
traitement interne. Dans un deuxième temps, il s’agit de déterminer si le fait de se livrer à des
exercices excessifs avant le traitement est lié positivement à la sévérité du symptôme de
troubles alimentaires.
Méthode
Les participants seront des patients admis à un programme de traitement interne intensif à
l’Hôpital général de Toronto. Les comportements liés à l’exercice pendant les trois mois
précédant le début du traitement ainsi que la symptomatologie des troubles alimentaires seront
évalués au moment de l’admission au programme. Les résultats du traitement seront obtenus
au moyen des dossiers hospitaliers.
Incidence
Les résultats de la présente étude pourraient aider à repérer rapidement les patients qui sont
les plus susceptibles d’abandonner prématurément le traitement interne. On pourrait ainsi
envisager un traitement plus efficace pour les personnes qui se livrent à des exercices
excessifs. Enfin, les athlètes et les personnes qui font beaucoup d’exercice pourraient être
soumis à un examen de dépistage pour déterminer si leurs attitudes et leurs comportements à
l’égard de l’exercice sont excessifs et s’ils présentent une psychopathologie de trouble
alimentaire.
2007 Initiative de recherche de Sport Canada, glissières de présentation